Être conseiller général... Depuis la naissance de la Région dans
les années 70, les décentralisations successives de 1982 et 2003, le département
et son assemblée politique, le Conseil général, ne cessent d'être mis en
cause. Obsolète, en trop, niveau politique inadéquat, facteur d'inertie, les
diatribes n'ont cessé de pleuvoir. Mais depuis 1996, un tournant semble
clair, la république décentralisée préfère spécialiser les différents niveaux
de collectivités locales plutôt que supprimer un étage de la pyramide. Ainsi,
en 2003, le Conseil général se voit confier des compétences accrues notamment
en matière sociale et le département est désormais la principale institution
en charge de ce secteur. Malgré cela, les élections cantonales, d'où émanent
les membres des Conseils généraux, sont souvent celles où s'observent les
records d'abstention. Peu de français sont capables de dire à quoi sert précisément
le Conseil général et qui est l'élu(e) de leur canton. Pourtant, en 2004, un
tournant s'est produit. Jusqu'alors, les Conseils généraux étaient
majoritairement conservateurs. Désormais, plus de la moitié d'entres eux sont
gouvernés par la gauche. Plus autonome par rapport à l'État, le Conseil
général demeure une instance politique qui représente aussi des territoires
et des cultures. Comment se saisit-il de défis tels que la parité, le choc
entre le monde urbain et le monde rural, la révolution de l'information et
des réseaux ? Dans quelle mesure sa représentation politique épouse-t-elle
les attentes et les structures de la société locale ? À la demande de
l'Union des conseillers généraux de France, Jean-Philippe Roy a réalisé une
enquête approfondie auprès des élus départementaux français. Plus de
1 200 ont répondu, c'est-à-dire un quart de l'ensemble. C'est la plus
grosse enquête scientifique réalisée à ce jour sur le sujet. Elle nous
dévoile ces inconnus politiques pourtant si familiers : les conseillers
généraux. |