1940
– 1944 : quatre années durant lesquelles la Terre de Beauce vit à
l’heure allemande. Impulsé par quelques hommes, notamment le préfet, Jean
Moulin, le désir de « faire quelque chose » est présent dès les
premières heures de l’occupation. Les actions sont diffuses, les modalités
mal définies, mais cela témoigne d’une volonté de ne pas accepter cette
situation. À
première vue, ces grandes plaines ne sont pas un terrain propice pour mener
une lutte armée contre l’occupant. Dans l’ombre, des groupes se forment, avec
à leur tête des « pionniers ». Résister, c’est avant tout des
actions ponctuelles : distribuer des tracts, recueillir des
renseignements… aider les réfractaires au S.T.O., fabriquer des faux papiers.
Les sabotages ne sont pas si fréquents que cela. Soixante
années après les faits, appréhender cette société résistante est une tâche
bien complexe. Du fait du caractère clandestin de ces mouvements, les traces
écrites sont rares. Cette étude apporte un regard neuf sur ces années de
chaos, sans prendre parti, sans glorifier les actions ou les mouvements. Elle
se résume en une analyse du cheminement de ces
personnes « ordinaires » mises dans une situation
« extraordinaire », en se plaçant au-dessus des luttes intestines
qui frappent l’héritage de la Résistance. Le vide historiographique tend
donc à être partiellement comblé par ce fragment d’histoire locale trop
longtemps passé sous silence : cet ouvrage contribue au devoir de
mémoire et vient étoffer l’histoire de la Résistance. |